13 décembre 2009
Dans le chaudron sans fond de la stratosphère,
Pour répondre à la proposition d'exercice créatif de
voici mon travail :
Dans le chaudron sans fond de la stratosphère,
Dame nature en colère jette ses misères.
D’un geste rageur, elle remue
De son maudit récipient le contenu.
Et laisse mijoter le brouet
Au goût aigrelet
De rivières polluées,
Des forêts dévastées,
D’air empoisonné,
D’êtres vivants assassinés.
Du grand chaudron sans fond de la stratosphère,
Sort un monstrueux nuage
Qui part en voyage,
gonflé de millions de larmes amères.
Au passage d’une montagne
son ventre se déchire et se déverse
plein de hargne.
Dame Nature a décidé de laver la terre
au Karcher.
Vous pourrez voir les autres participations tout aussi intéressantes,
dessins et textes,
à cet endroit :
exercices créatifs : le changement climatique
25 octobre 2009
Pour Halloween, l'histoire de Gigi
Halloween approche et les exercices de style de la Luciole masquée lui sont consacrés.
Vous pouvez lire les histoires, comptines, poèmes, illustrations de ses membres ici
Et voici, en-dessous, mes deux participations :
Halloween
Dans le grand parc plein de brume, les feuilles des arbres avaient captés et fait prisonniers les rayons du soleil de l’été. A présent, elles les restituaient, éblouissant les regards de leurs belles couleurs dorées d’automne, dernière fierté avant de tomber dans l’oubli dans un lent et gracieux tourbillonnement.
Du vieux château délabré sortirent en cortège, les sorcières, elles aussi vêtues à la mode automnale. Les chevelures se balançaient doucement sur leurs reins pendant que d’un pas souple, elles avançaient vers le cimetière. Des fantômes sortirent un à un des tombes, attendirent leur arrivée dans un silence spectral et glacial. Chacun offrit son bras à l’une des sorcières. Au de la musique infiniment triste qui s’éleva dans l’air les couples se mirent à danser une valse lente et belle. Halloween pouvait commencer.
L'histoire de Gigi
Chaque
jour la taille de Gigi augmentait, ce qui lui apportait une fierté
certaine. Elle, si petite au départ, était en passe de dépasser ses amies,
Nana, Pepa et Mela avec des rondeurs
que toutes semblaient lui envier.
Par une belle journée d’automne elle s’aperçut qu’elle était désormais bien plus grande que les autres. Chaque jour l’homme venait pour faire de la place à l’endroit où elles et ses amies vivaient . Mais Gigi voyait bien qu’il passait plus en plus de temps avec elle au fur et à mesure de sa transformation. Ses superbes rondeurs lui donnèrent l’occasion de se montrer bouffie de suffisance.
D’ailleurs,
des personnes venues de partout dans le village pour l’admirer disaient à
l’attention de l’homme :
- Félicitations,
tu as bien travaillé !
- Oui, j’y
ai passé du temps mais le résultat est là !
- Elle sera superbe pour la fête !
Gigi
savait maintenant qu’elle participerait à une fête, en serait probablement la
vedette. Elle en rêvait nuit et jour. un beau matin ne se sentant plus,
elle dit à ses amies :
- Je suis
vraiment la plus belle.
- Oh ! Oui,
c’est bien vrai répondaient modestement ses congénères.
- Écartez-vous
un peu qu’on me voie de tous côtés !
- Tu ne
deviendrais pas un peu peste par hasard ? Lui demanda Nana.
- Tu étais
plus gentille auparavant ! Ajouta Pepa.
- … Et
drôle ! Conclut Mela.
A
partir de ce moment-là, Gigi ne leur adressa plus la parole et continua à
grossir, grossir. On aurait dit que rien ne pouvait plus l’arrêter. Elle
imaginait sa superbe destinée, le monde entier venant admirer sa beauté sans
égale ! Ses trois amies finirent par l’ignorer et continuèrent à papoter
joyeusement.
Un
matin l’homme arriva avec une brouette, s’arrêta à côté de Gigi. Il sortit de
sa poche un sécateur, coupa la tige qui la reliait à sa plante. Puis il
empoigna Gigi et la déposa dans la brouette. Folle de joie Gigi, partait pour la
fête, sa fête. L’homme s’arrêta près de la maison, la reprit et la transporta sur la
table de la cuisine. Là, il sortit un énorme couteau et s’attaqua à la belle
citrouille ! Elle s’évanouit…
Il
découpa d’abord une calotte en haut de la citrouille et l’évida. Il creusa
ensuite sur sa face un visage grotesque. A la fin il plaça une bougie à
l’intérieur. Il remit Gigi dans la brouette et l’emmena tout au bout du jardin La posa sur le mur. Ses amies la regardèrent avec effroi. Sur son mur, Gigi
pouvait apercevoir d’autres citrouilles aussi grimaçantes qu’elle lui faisant
un triste et diabolique sourire.
Une fois la nuit tombée, L’homme revint et alluma la bougie : Les yeux de la citrouille brillèrent alors d’un éclat de colère et dans le même temps de grosses larmes roulèrent sur ses joues. Elle l’avait voulu sa fête, elle l’avait eue !
22 juillet 2009
La Luciole Masquée fête ses deux ans !!!!!
... en mettant en ligne tous les travaux des auteurs et des illustrateurs qui ont bien voulu participer à cet exercice créatif dont le thème était justement l'anniversaire de cette Luciole.
Cette Luciole dont la lumière nous permet de nous retrouver autour d'échanges agréables et productifs !
Allez lire les textes et admirer les illustrations produites pour cet évènement mémorable en cliquant sur l'image que Grattouille a faite pour mon texte
Lili la luciole !
Merci Grattouille !
en cliquant sur son nom,
voilà une jolie occasion de découvrir son travail
Mais pour l'ensemble des productions de la Luciole Masquée,
11 juin 2009
Agathe l'arignée mélomane
Exercice créatif de la Luciole Masquée
Sujet : Musique !
Date de début et de fin : jeudi 7 juin jusqu'au jeudi 21 juin.
Illustration : Une illustration par illustrateur.
Contrainte : Harmonisez vos illustrations au thème.
Texte : Un texte n'excédant pas 10 lignes par auteur.
Contrainte du texte : Harmonisez vos textes au thème.
Publication : Les oeuvres seront publiées sur le portail du forum de la Luciole et sur le Blog de la Luciole
Cette histoire m'a été inspirée par une amie pianiste qui m'a raconté
qu'à chaque fois qu'elle venait à son cours de piano, une araignée
sortait de son coin, entre un lavabo et un mur et semblait l'écouter !
Agathe
l’araignée attendait ce jour avec fébrilité. A quatorze heures
cinquante précises, la sonnette retentissait, à quinze heures la petite
Cathy s’asseyait sur le tabouret et ses doigts commençait à parcourir
le piano. Et là, Agathe ne pouvant résister, sortait du coin sombre où
elle avait tissé sa toile et elle écoutait et admirait la fillette dont
les doigts agiles dansaient sur le clavier. Cela lui faisait penser à
ses propres pattes lorsqu’elle tissait sa toile. Mais elle ne la
quittait pas pour n’importe qui, juste pour Cathy dont le toucher
donnait un son de velours à chaque note qu’elle jouait. Peu à peu
Agathe dont l’oreille musicale s’était développée, se mit à tisser des
portées et des notes, des soupirs, des pauses, des silences et quand un
souffle d’air venait faire frémir la toile, on pouvait entendre une
musique cristalline venue d’on ne sait où. Alors Agathe vibrait de
bonheur !
02 juin 2009
joyeux escargot et baveux anniversaire !
Deux zévènements aujourd'hui :
1![]()
excellent blog créé par Morgan
au service des auteurs, des illustrateurs, des éditeurs
et surtout de la littérature jeunesse
fête ses "un an"
Pour l'occasion, Morgan a eu une excellente idée !
Bon anniversaire à Papier de soie, Morgan !
2
Gratouille
a lancé aux auteurs et aux illustrateurs un petit défi sur le thème de l'escargot.
Elle poste les travaux de chacun au fur et à mesure de leur arrivée.
Allez-y faire un tour pour lire mon portrait de Jean l'escargot, celui de Jojo, celui réalisé par Ojni....
J'ai commis aussi le portrait de Hugues l'escargot et commencé celui de Louloute l'escargotte.
Je les enverrai bientôt à Gratouille !
Sympa l'initiative, Gratouille !
26 mai 2009
Les lunettes du contremaître
Ce texte m'a été inspiré par
l'émission "Là-bas si j'y suis" de Daniel Mermet sur Inter. Un jour où
le thème traité était les conditions de travail dans les usines de la
famille Parisot une génération avant. Je n'ai pas décrit la réalité, je
me suis inspirée de l'émission.
Je
haïssais le contremaître : Grâce à ses lunettes il voyait tout. Vêtu
d’une blouse grise, avançant lentement dans les allées de l’atelier de
l’usine textile où je travaillais, il traquait chaque seconde perdue
pour la rentabilité. Le bruit des machines couvrait celui de ses pas et
nous ne l’entendions pas arriver. Mais nous pouvions sentir son regard
perçant tel les aiguilles qui traversaient inlassablement les pièces de
tissu que nous assemblions.
Je haïssais ces lunettes d’écaille
noire. Quelquefois elles glissaient le long de son nez lorsqu’il
approchait l’une d’entre nous pour lui intimer de ne pas bavarder. Nous
n’avions aucun droit sauf celui de travailler, il nous était interdit
de tourner la tête, d’aller aux toilettes et même de manger. Huit
heures sans manger !
Un jour qu’il m’avait aperçu faisant un signe
de la main à une autre ouvrière, il s’approcha de moi l’air vicieux,
une remarque cinglante déjà prête dans la bouche, ses lunettes au bout
de son nez. Mais à ce moment un manutentionnaire qui portait un lourd
carton passa à côté de lui, le bouscula involontairement au moment même
où il me demandait de me lever. Ses lunettes tombèrent sur le sol à la
seconde où je me redressais et je posai le pied dessus comme par
inadvertance. J’entendis avec un plaisir immense le verre se briser.
Toutes les machines s’arrêtèrent dans un silence de mort. Je pris un
air désolé.
Il hurla :
- Qu’est-ce que vous attendez ! Reprenez le travail !
Puis il m’ordonna de me rasseoir et ramassa ses lunettes tordues et aux verres brisés.
Les
machines reprirent leur vrombissement et l’atelier retrouva son
atmosphère de ruche. Mais le contremaître en même temps que ses
lunettes avait perdu à tout jamais un peu de son autorité.
Les créations des autres lucioles sur le thème des lunettes,
textes et dessins sont sur le blog de la luciole masquée
22 mai 2009
Jour de marché et Patatras !
Patatras !
Monsieur en voulant éviter une petite fille, mit le pied sur
une feuille de salade, glissa, au beau milieu du marché puis tomba à la
renverse. Son bras gauche heurta l’étal plein de barquettes de fraises
qui s’envolèrent dans un bel ensemble vers Mademoiselle juste de
l’autre côté, derrière son étal de jouets. Les fraises s’écrasèrent sur
sa belle robe blanche ! Le bouquet de violettes que tenait Monsieur
décrivit une trajectoire incertaine avant de retomber gracieusement sur
la tête de la jolie vendeuse catastrophée par l’état de sa robe. Elle
ramassa le bouquet et se précipita vers Monsieur si confus que son
teint avait pris la couleur des fruits de saison. et tellement
embarrassé qu’il sentait à peine sa fesse endolorie :
- Je suis profondément désolée Mademoiselle, ces fleurs étaient pour vous !
- Les fraises aussi ajouta-t-elle avec un petit sourire !
Il
se releva, dans un geste un peu brusque juste au moment où elle se
baissait vers lui et leurs deux têtes se cognèrent. Mademoiselle tomba
sur les fesses,
patatras !
Vous retrouverez les jolis exercices de style des autres auteurs et illustrateurs
sur le blog de la Luciole Masquée
11 novembre 2008
Les trois jardins, la peur et la petite fille.
La petite changeait d’époque chaque fois qu’elle franchissait les clôtures des trois jardins qui se jouxtaient. Le premier, celui de son oncle était un jardin sans malice des années soixante, un carré de pelouse ceint de parpaings et d’une rangée sans imagination d’œillet d’Inde.
La petite s’y ennuyait et franchissait volontiers le mur pour aller jouer dans le second, des années quarante, celui de sa grand-mère, avec une petite cour de ciment, des allées de gravier, des haies et le linge qui séchait. Tout y était lumière. Sauf quand le soleil se cachait soudain, le vent soulevait légèrement les draps étendus et juste à cet instant le cœur de la petite s’arrêtait de battre : Grignou sorte de monstre bien connu des grands-mères, venait de passer pour l’emporter. Telle une ombre glacée, la petite se précipitait à l’intérieur de la maison vers les bras chauds de sa grand-mère qui l’attendait.
Le troisième jardin, le plus beau, datant des années 1900, celui de son arrière-grand-mère était la récompense, son oncle l’y emmenait pour jardiner. Et l’interdit : L’aïeule, bretonne pieuse ne supportait pas que la petite sans religion y pénétrât. Des arbres fruitiers tordus, un potager, des herbes folles... Elle devait parfois passer seule devant le vieux penty au soupirail ouvert sur une cave vertigineuse : au fond elle voyait le regard incandescent de Grignou, preuve de son existence, elle en était sûre, clouée sur place de terreur.
S’arrachant à cette contemplation, elle se mettait à courir. Hélas sur le chemin l’aïeule l’attrapait brusquement avec la poignée arrondie de sa canne, l’attirait à elle, marmonnait avant de relâcher la petite certaine que son aïeule avait épousé en des temps anciens Grignou.
Le jardin aux fleurs de béton, sans peur, lui rendait la sérénité !
24 août 2008
Il était une fois une enveloppe chargée d'une importante mission
Pour la quatrième fois je participe au concours :
ouvrez, ouvrez les livres aux bébés.
Cette fois-ci, c'est une histoire vraie. Mais j'ai adopté pour la raconter le point de vue du bébé et donc la fiction commence là.
Cette fois-ci c'est Nomy qui a merveilleusement mis en images mon histoire.
En début de semaine nous avons expédié notre précieux petit paquet !
Cette enveloppe, non seulement heureuse et fière d'acheminer un adorable album, était gonflée d'espoir ! Elle est arrivée à bon port avec d'autres toutes aussi pénétrées de l' importance de leur mission. Pendant deux mois maintenant, un frais nuage d'enfance et de rêve va flotter au-dessus de Clermont-Ferrand pas loin de la bibliothèque départementale avec toutes ces petites enveloppes impatientes. Je suis sûre qu'en regardant la météo, on pourra l'apercevoir !
Bientôt vous pourrez découvrir quelques illustrations et un peu du texte.
15 février 2008
LE PRINTEMPS ET LA MUSIQUE.

- Hep ! Mec ! Tu me files ta guitare ?
Simon tourna la tête pour voir qui l’apostrophait ainsi.
Il venait juste de quitter la fac de musique, de traverser la jolie petite place de la Liberté et se dirigeait vers la médiathèque. On était au mois d’avril, Simon marchait à grands pas, sa guitare sur le dos. Il respirait à pleins poumons l’air enfin doux de ce mois d’avril et profitait pleinement des rayons du soleil qui tombaient ce jour sur la ville de Poitiers. Il avait fait un petit détour pour passer devant la blanche et médiévale Notre Dame La Grande et s ‘apprêtait à remonter la rue de la Regratterie.
Cette lumière supplémentaire redonnait à la ville un sursaut d’énergie et chacun y trouvait la force de se sortir de l’engourdissement de l’hiver. On entendait à nouveau les oiseaux, la végétation du printemps se tenait prête à son épanouissement annuel et même les êtres humains se sentaient plus dynamiques, entreprenants et même joyeux. Ainsi en était-il pour Simon.
- Hep ! Mec ! Tu me files ta guitare ?
L’homme qui lui avait parlé était un clochard assis sur le trottoir, un chapeau et une bouteille de gros rouge posés à ses pieds.
Il y avait longtemps que Simon ne l’avait pas vu. Presque un fonctionnaire de la manche, toujours au même endroit, sauf aux heures les plus froides de la saison hivernale, cet homme portait le même gros manteau, la même écharpe sale, les mêmes chaussures de marches usées que l’automne dernier. Sa barbe emmêlée et hirsute, ses cheveux gras, son teint pâle ne l’avantageaient pas mais il y avait dans son regard une lueur qui témoignait d’une petite volonté nouvelle et d’une joie de vivre qui rattrapait même les mendiants ce jour-là !
Simon s’approcha du clochard :
- Tu sais ça me ferait de la peine de m’en séparer !
Mais l’homme avait déjà préparé sa réplique :
- Allez ! Un bon geste. Moi ça me ferait plaisir d’en avoir une !
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