22 juillet 2008
ÊTRE VIVANT
"C'est peut-être ça être vivant : traquer des instants qui meurent."
L'élégance du hérisson. Muriel Barbery
20 juillet 2008
Quelqu'un joue du piano
"Quelqu'un joue du piano une pièce classique. Ah, douce heure impromptue déchirant le voile de la mélancolie... En une fraction d'éternité, tout change et se transfigure. Un morceau de musique échappé d'une pièce inconnue, un peu de perfection dans le flux des choses humaines - je penche doucement la tête, je songe au camélia sur la mousse du temple, à une tasse de thé tandis que le vent au-dehors, caresse les frondaisons, la vie qui s'enfuit se fige en un joyau sans lendemain ni projets, le destin des hommes, sauvé de la pâle succession des jours, s'auréole enfin de lumière et dépassant le temps, embrase mon coeur quiet."
L'élégance du hérisson. Muriel Barbery.
ET PUIS, PLUIE D'ETE...
"Savez-vous ce que c'est, une pluie d'été ?
D'abord la beauté pure crevant le ciel d'été, cette crainte respectueuse qui s'empare du coeur, se sentir si dérisoire au centre même du sublime, si fragile et si gonflé de la majesté des choses, sidéré, happé, ravi par la munificence du monde.
Ensuite, arpenter un couloir et, soudain, pénétrer une chambre de lumière. Autre dimension, certitudes juste nées. Le corps n'est plus une gangue, l'esprit habite les nuages, la puissance de l'eau est sienne, des jours heureux s'annoncent, dans une nouvelle naissance.
Puis, comme les pleurs, parfois, lorsqu'ils sont ronds, forts et solidaires, laissent derrière eux une longue plage lavée de discorde, la pluie, l'été, balayant la poussière immobile, fait à l'âme des êtres comme une respiration sans fin.
Ainsi, certaines pluies d'été s'ancrent en nous comme un nouveau coeur qui bat à l'unisson de l'autre."
L'élégance du hérisson. Muriel Barbery.
11 juillet 2008
"J'ai rêvé que j'étais un bateau .... " par Jill C.
Je vous invite à lire ce très beau texte de Jill C
et pour ce voyage chez cette auteure
prenez donc ce bateau
"La Clorinde"
peint par Nomy

Ah, les belles coïncidences !
29 juin 2008
LE TAG LITTERAIRE DE JILL C.
Le tag consiste à prendre le livre le plus proche de soi au moment où l'on découvre le défi ; l'ouvrir à la page 123, et écrire la cinquième phrase de cette page, et les 4 suivantes.
La responsable en est Jill C.
Ce tag est intéressant : il permet de savoir ce que les autres lisent.
Pour ma part ce sera :
L'élégance du hérisson de Muriel Barbery.
"Mais Olympe, revêtant avec émotion ses habits de docteur des chats, en a également endossé la terminologie. J'ai toujours eu grand plaisir à entendre parler ainsi. « Ses urines étaient faiblement hémorragiques » est pour moi une phrase récréative, qui sonne bien à l'oreille et évoque un monde singulier qui délasse de la littérature. C'est pour la même raison que j'aime lire les notices de médicaments, pour le répit né de cette précision dans le terme technique qui donne l'illusion de la rigueur, le frisson de la simplicité et convoque une dimension spatio-temporelle de laquelle sont absents l'effort vers le beau, la souffrance créatrice et l'aspiration sans fin et sans espoir à des horizons sublimes.
- Il y a deux étiologies possibles pour les cystites, reprend Olympe. Soit un germe infectieux, soit un dysfonctionnement rénal. "
C'est un roman passionnant à l'écriture d'une grande qualité. Il m'a été offert par une amie, Catherine : Je l'en remercie !
Renée, cinquante quatre ans est la concierge du 7 rue de Grenelle et conforme à l'idée que les gens se font des concierges. Mais elle est extrèmement cultivée bien plus que la plupart des habitants de cet immeuble.
Paloma, 12 ans, qui vit au même endroit est d'une grande intelligence et a décidé de mourir le jour de ses treize ans.
Une personne va mourir dans l'immeuble et un autre prendra sa place. A partir de là, tout va changer.
J'aurais pu citer des chapîtres entiers de ce livre tant il est intéressant.
Maintenant il me faut tagger :
Allez les filles au boulot !
28 juin 2008
TOI-MÊME par ALAIN SERRES
En route vers la médiathèque cet après-midi pour y rapporter des livres, je m'arrête devant sa vitrine décorée cette fois-ci sur ce sujet là :
Des éditeurs passeurs de mondes :
Christian Pirot et Cheyne
bibliographies, textes, chansons, poésies.
Des poèmes sont écrits ça et là et soudain je tombe en arrêt devant ces mots :
Toi-même
C’est fou ce qu’il y a de merveilles
Dans le creux de ton oreille.
C’est fou ce qu’il y a de chemins
Dans le creux de ton poing.
C’est fou ce qu’il y a de poèmes
Dans le creux de toi-même.
Je l'ai appris par coeur et j'ai poursuivi le mien de chemin, il vient récemment de bifurquer. Il y a comme des évidences !
Maintenant vous allez regarder votre poing
avec un nouveau regard !
Merci à Alain Serres et aux personnes de la médiathèque.
J'en profite pour montrer ou re-montrer des illustrations de Sonia Hivert
pour "Bon appétit, bébé !"
Je les adore !!!!
14 mai 2008
NOUS ETIONS TOUS DANS CE TRAIN ...
... est aussi le titre de la première nouvelle de ce recueil.
Je l'ai pris ce train et ne le regrette pas. Nous suivons un homme et ses pensées dans la foule madrilène. Avec son fils juché sur ses épaules, il cherche quelqu'un ...
Pour moi, un auteur, une auteure est une personne qui accomplit ce tour de force de mettre des mots sur ce qui affleure à peine de notre esprit et après l'avoir lu(e) on peut dire : c'est exactement ça. Même si on n'est pas cet homme dans la foule, on a tous éprouvé les mêmes sentiments à peine formulés, à peine conscients, à un moment de notre vie. Et soudain la personne qui écrit les fait jaillir, nets et précis : Viviane Faudi Khourdifi est donc de celles-là !
Je vous invite à lire les autres. Mes préférées :
Les yeux d'Aminata (très poignante) - A la vie, à l'amour ! (émouvante) - A pleines dents (drôle)
Omathilde (tendre) Il y en a pour tous les goûts.
N'oubliez pas de visiter son royaume de musivol
23 avril 2008
La rêveuse d'Ostende
De Eric Emmanuel Schmitt.
Toutes les nouvelles de cet ouvrage se lisent d'une traite, presque sans respirer.
J'avais lu la première qui donne le titre chez moi. Et j'ai lu le reste pendant la première nuit qui a suivi notre départ en vacances le 9 avril. Nous avons fait étape dans un petit hôtel près de Bourges. Et malgré ma lassitude physique, je n'arrivais pas à m'endormir alors j'ai lu, lu jusqu'au bout ce livre. Puis j'ai dormi, très mal dormi et j'ai fait des rêves étranges. Je me réveillais régulièrement et à un moment j'ai cru entendre un cri dans la nuit. Le lendemain matin, au réveil, mon mari avait aussi passé une très mauvaise nuit et entendu lui aussi un cri. J'ai rêvé que mon mari voulait me tuer, rêve en parfaite relation avec la nouvelle qui s'appelle "Crime parfait" sauf que dans le texte, c'est l'inverse.
Etrange, non ? Etrange est pour moi l'atmosphère qui se dégage de l'ensemble de ces nouvelles. Je n'en ferai pas le résumé . Il faut les lire : "Guérison" est très belle, "La femme au bouquet terriblement émouvante.
17 avril 2008
Pendant les vacances, j'ai lu
Chagrin d'école de Daniel Pennac
regardez un peu plus bas dans cette page,
quelques citations extraites de ce livre.
La rêveuse d'Ostende d'Eric-Emmanuel Schmitt
Les dents du bonheur de Dorothée Piatek
et je suis maintenant plongée
dans
Uglies de Scott Westerfeld.
On en parle bientôt ?
Ah oui ! J'oubliais.
En rentrant de vacances, je suis passée chercher
"Nous étions tous dans ce train"
De Viviane Faudi Khourdifi.
Je le lis après "Uglies".
06 avril 2008
Daniel Pennac a écrit
Le savoir est d'abord charnel. Ce sont nos oreilles et nos yeux qui le captent, notre bouche qui le transmet. Certes, il nous vient des livres, mais les livres sortent de nous. Ça fait du bruit, une pensée et le goût de lire est un héritage du besoin de dire.
Chagrin d'école page 160.
Mais que fait l'école ? Rassurez-vous en faisant travailler vos enfants, nous n'entamerons pas votre capital d'inquiétude maternelle.
Chagrin d'école page 161.
- Les profs, ils nous prennent la tête, M'sieur !
- Tu te trompes. Ta tête est déjà prise. Les professeurs essaient de te la rendre.
Chagrin d'école page 227.
Je n'y arriverai jamais.
- Bon. Qu'est-ce que c'est que ce "y", d'après toi ?
- Je sais pas.
- Qu'est-ce qu'il veut dire ?
- Je sais pas.
- Eh bien il faut absolument qu'on trouve ce qu'il veut dire, parce que c'est lui qui te fait peur ce "y".
Chagrin d'école page 117











