le soupir des livres

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06 juin 2009

La vérité sur la fée Clochette...

Ou Tinker Bell en anglais. Je viens de la lire dans Peter Pan en VO :
"It was not really a light; It  made this light by flashing about so quickly, but it came to rest for a second you saw it was a fairy, no longer than your hand, but still growing. It was a little girl called Tinker Bell exquisitely gowned in a skeleton lef, cut low and square, through which her fugure could be seen to the best advantage. She was slightly inclined to embompoint."
Eh oui, Tinker Bell ne ressemble pas vraiment au portrait qu'en a fait Walt Disney :

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05 juin 2009

Les jolies phrases de James Matthew Barrie

Ce texte est extrait de :
Peter Pan
JM Barrie
PENGUIN
POPULAR CLASSICS

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"What's your name ? he asked.
"Wendy Moira Angela Darling," she replied with some satisfaction. "What's your name ?"
"Peter Pan."
She was already sure that he must be Peter, but it did seem a comparatively short name.
"Is that all ?"
"I'm so sorry," said Wendy Moira Angela.
"It doesn't matter," Peter Gulped.
She asked where he lived.

"Second to the right," sais Peter, "and then straight on till the morning.
"What a funny adress !"
Peter had a sinking. For the first time he felt that perhaps it was a funny adress.
"No it isn't," he said.

Drôle ? Drôle ? Pas tant que ça !
"I mean," wendy said nicely, remembering that she was hostess, "is that what they put on the letters ?"
He wished she had not mentionned letters.
"Don't get any letters," he said contemptuously.
"But your mother get letters ?"
"Don't have a mother," he said. Not only had no mother, but he had not the sightest desire to have one. He thought them very overrated personns. Wendy, however, felt at once that she was in a presence of a tragedy.

....
Peter pense-t-il vraiment que les mamans sont des personnes surestimées ???
En fait, Peter Pan a une grande tristesse en lui !


"You see Wendy, when the first baby laughed for the first time, its laugh broke in thousand pieces, and they all went skipping about, and that was the beginning of fairies."
Tedious talk this, but being a stay-at home she liked it.
"And so," he went on good-naturedly, "there ought to be one fairy for every boy and girl."
"Ought to be ? Isn't there ?"
"No. You see children know such a lot know, they soon don't believe in fairies, and every time a child says, 'I don't believe in fairies', there is a fairy somewhere that falls down dead."

J'adore ce texte ! Et là, le refrain de la chanson de Kate Bush "In search of Peter Pan"

Second star on the right,
Straight on 'til morning.
Second star on the right,
Straight on 'til morning.
Second star on the right,
Straight on 'til morning.



In Search Of Peter Pan Lyrics

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16 mai 2009

"Quand le premier enfant...

... éclata de rire pour la première fois, son rire se brisa en un million de morceaux

qui sautèrent de tous côtés. Ce fut l'origine des fées."

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Connaissez-vous l'auteur de cette joli phrase ?

C'est un écossais qui en est l'auteur  :

James Matthew Barrie
né à Kirriemuir en Ecosse en 1860.
Il est le créateur de Peter Pan !

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James Matthew Barrie était un homme menu et de très petite taille comme son héros.

Je viens de lire :

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On peut y lire que Peter a un certain âge puisque votre maman et votre grand-mère le connaissaient. Il n'a pourtant qu'une semaine mais comme il a décidé de ne pas grandir, il n'a jamais eu d'anniversaire.

Il s'est échappé par la fenêtre de chez lui et s'est sauvé dans les jardins londoniens de Kensington.

Il a retrouvé à cette occasion  le pouvoir de voler.

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" La serpentine commence près d'ici. C'est une rivière charmante, avec une forêt comme fond. Si l'on se penche sur le bord, on peut voir des arbres en pleine force , et l'on dit que la nuit il y a plein d'étoiles au fond. Ainsi Peter les voit quand il navigue sur la rivière dans le nid de grives. une faible partie de la serpentine seulement est dans les jardins, car elle passe aussitôt sous un pont pour aller baigner l'île sur laquelle sont nés tous ces oiseaux qui deviennent de petit garçons et de petites filles. Aucun être humain, sauf Peter Pan- et encore n'est-il qu'à demi humain, ne peut aborder sur cette côte, mais l'on n'a qu'à écrire ce que l'on décide (garçon ou fille, si on les veut brun, joli,etc.) sur un morceau de papier, puis donner au papier la forme d'un bateau, et il atteind l'île de Peter Pan la nuit."

Cette explication du monde par Barrie est plutôt savoureuse et poétique ! Si un jour vous vous rendez à londres, dans les jardins de Kensington dont voici le plan :

peter_pan_kensington

Vous saurez dorénavant pourquoi la statue de Peter Pan s'y trouve :

Peter_Pan_statue

"La raison pour laquelle les oiseaux peuvent voler tandis que nous ne le pouvons pas, c'est qu'ils ont une fois absolue, car la fois donne des ailes." JM Barrie

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Depuis que je suis petite, j'adore ce personnage de Peter Pan que je ne connaissais qu'à travers l'animation de Walt Disney. Je m'identifiais à Wendy et ce pouvoir de voler a toujours exercé sur moi une certaine fascination ! J'aime beaucoup la petite fée clochette. Je me rappelle avec un grand plaisir le passage où Peter perd son ombre arrachée par la bonne d'enfant Nana qui est en fait un chien Saint-Bernard ! Et que dire de l'histoire du crocodile que le capitaine Crochet entend arriver parce qu'il a avalé un réveil et qui rêve de manger Jacques crochet dont il particulièrement apprécié la main ou le bras.

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Et le pays imaginaire où il n'y a pas de parents : Un rêve !

Un petit extrait :


"C'est là-bas Wendy, la deuxième étoile à droite et tout droit jusqu'au matin"

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09 décembre 2008

Miss Charity ou Miss Potter ?

La semaine dernière, dans une librairie, je tombe sur un gros livre de Marie Aude Murail :

charity

Je lis la quatrième de couverture et je me dis c'est curieux, on croirait lire la vie de Béatrix Potter !

Je feuillette quelques pages par-ci par-là du livre, effectivement, on a bien  le sentiment d'avoir à faire à Miss Potter. Je cherche s'il en est fait mention quelque part et il y a une petite exergue de l'auteure pour remercier B Potter et ses petits lapins si je me souviens bien. De retour à la maison je me rue sur mon ordinateur et je cherche le site de Marie-Aude Murail et j'ai enfin l'explication.

Elle s'est effectivement inspirée de la vie de B Potter pour écrire l'histoire de cette Miss Charity !

Quelle idée géniale !  ... Il y avait tout dans la vie de B Potter pour en faire un histoire passionnante : une éducation pas banale, l'atmosphère victorienne, sa relation avec sa mère, le dessin, l'amour des animaux ... Avec en plus le talent de MA Murail.

murail

Voyez par vous-même :

Miss Charity

cliquez ensuite  "c'est nouveau" puis sur "dernière parution"et enfin sur la couverture et vous aurez son explication.

Pour découvrir le site de l'auteure : Marie Aude Murail

Je ne l'ai pas encore lu, mais ça ne saurait tarder.

En 2006, dans un carnet de voyage réalisé lors d'un voyage anglais, j'ai raconté ma visite à Hill Top, la célèbre maison de Béatrix Potter dans le Lake District, il suffit de cliquer sur l'image :

couverture

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06 décembre 2008

Wolf Erlbruch à Montreuil

Vous vous souvenez certainement de mon voyage en Bavière de cet été et de mon carnet de voyage. J'y ai parlé du moment où j'ai acheté à Munich Le canard la mort et la tulipe et où mon amie Uli me l'a traduit.

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Au Salon de Montreuil, j'ai pu voir Wolf Erlbruch, lui faire dédicacer cet album et aussi mon carnet de voyage :

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Je remercie Cécile qui m'accompagnait et qui a pris ces photos ! Moi, tête de linotte j'avais oublié mon appareil. Quelquefois la vie a une logique imprévue, inattendue ! Au moment où j'ai acheté cet album, j'étais loin de penser que je  verrais cet auteur ensuite en France.

Pour découvrir son univers, c'est ici

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04 novembre 2008

I went to the market ...

... mon p'tit panier sous mon bras,

et j'ai acheté ce matin Charlotte aux Fraises

et j'y ai lu ceci :

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écrit par Jocelyne Marque.

Vous aimerez cette histoire... si vous aimez les poneys

et si vous rêvez de voler, ce qui fut mon cas pendant de longues années et l'est encore aujourd'hui.

Vous pouvez découvrir son travail et lire d'autres histoires sur son blog :

Pirouettes contes.

Bonne promenade dans son univers. Et bravo Joce !!!!!

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23 octobre 2008

Daniel Pennac à Loudun...

Daniel Pennac dans notre ville, incroyable mais vrai.

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Eh oui, il était là hier au soir, en chair et en os, en chaire et en mots, pour parler des ses livres, de lui, au travers d'un entretien avec une amie, en toute simplicité, en toute complicité avec nos souvenirs d'élèves pas toujours bons, avec nos souvenirs de "cancres", avec nos souvenirs d'enseignants.

Détail émouvant, cette amie est l'un des personnages d'un livre de Pennac.

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Il a commencé par nous raconter comment le goût de la lecture lui est venu,  par la vision de son père et de ses frères en pleine immersion dans des livres : la position de leurs corps dans un fauteuil ou sur un lit, leurs gestes et surtout cette impression forte alors qu'ils lisaient, qu'ils n'étaient plus là pour personne.

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Il nous a lu le premier chapitre de "Chagrin d'école",

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il a parlé du premier chapitre de "La fée carabine" tous les deux superbes. Il nous a parlé de sa conception de la lecture.

Enfin il a répondu à nos questions et dédicacé nos livres,

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avec ses petits dessins :

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J'avais déjà commis : Daniel Pennac a écrit & Chagrin d'école

Pennac a un sens quasi-magique des petites phrases d'une évidence telle qu'elles vous touchent en plein coeur.

Mais le mieux est de lire ses livres, vous serez emportés, transportés, enchantés !

Sur le site de Télérama, ici , Pennac lit un extrait de Chagrin d'école.  Oui, oui ! Ecoutez !

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01 octobre 2008

"T'es toi quand tu parles"

Samedi 27 septembre j'ai assisté à une journée d'intervention de Jacques Salomé.

Qui est-il ?

Sur la quatrième de couverture d'un de ses livres, on peut lire :

Jacques Salomé, diplômé en psychiatrie sociale et formateur en communication, est bien connu pour le succès hors du commun de ses conférences et pour ses ouvrages sur la communication dans le couple et la famille : Il est l'auteur du best seller, Parle-moi... j'ai des choses à te dire.

J'avais déjà lu :

"Contes à guérir, contes à grandir" qui m'avait impressionné.

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Puis grâce à Lolo, j'ai connu sa

"Prière secrète d'un enfant à ses parents"

que j'avais affichée en grand à la porte de ma classe.

Mais le voir tout une journée est un moment spécial. Au-delà de l'aspect charismatique du personnage, ses paroles paraissent pleines de bon sens et j'aurais aimé les entendre bien plus tôt dans ma vie.

Il enseigne "une grammaire relationnelle" destinée à améliorer la communication dans la famille et ailleurs.

Il a toujours sur la scène de grandes écharpes qui symbolisent les relations entre deux personnes

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Nous passons notre vie à  envoyer et à recevoir des messages positifs mais aussi négatifs et.... toxiques. Certains de ces messages toxiques sont très violents et font souffrir quelquefois tout au long d'une vie : Jacques Salomé dit qu'il faut les renvoyer à leurs auteurs, sans agressivité, en les symbolisant mais sans confondre l'auteur et son acte. Si par exemple votre père vous a fait souffrir parce qu'il vous rêvait autrement que vous n'êtes, vous dessinez un enfant sur une feuille et vous le lui "rendez " en lui expliquant que vous n'êtes pas cet enfant-là mais que vous êtes vous-même.

Il dit même que si nous ne renvoyons pas ces messages hautement toxiques , on a alors une bombe à retardement dans le corps, et que ceci peut être cause de maladies graves.

Il dit aussi : Une relation pour rester vivante doit être nourrie de messages positifs. Cela est "énergétigène, augmente la confiance en soi, l'estime de soi ...Il dit encore : Les enfants ont des désirs et des besoins et les parents devraient toujours répondre aux demandes des enfants : Je suis là pour satisfaire tes besoins et non pas tes désirs.

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Une relation a quatre voies : donner recevoir demander refuser et il faut tenter d'équilibrer ces quatre parties.

Nous avons des besoins relationnels : Notre rôle de parent est de répondre à ces besoins.

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Enfin, il a parlé de l'enfant qui a depuis sa naissance une maman qui donne et reçoit et un beau jour la maman se transforme en mère qui demande et refuse. Même chose pour le papa qui devient un père.

Mais si vous avez l'occasion, n'hésitez pas à aller le voir, vous apprendrez beaucoup à travers ses paroles et à travers ses livres.

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22 août 2008

SANS FAMILLE de HECTOR MALOT

que je viens de relire dans cette jolie collection acheté 1 euro chez Emmaüs.

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"Je suis un enfant trouvé. Mais, jusqu'à huit ans, j'ai cru que, comme tous les autres enfants, j'avais une mère, car, lorsque je pleurais, il y avait une femme qui me serrait si doucement dans ses bras en me berçant, que mes larmes s'arrêtaient de couler."

Rémi apprend un soir qu'il n'est pas l'enfant du couple Barberin. Le Père Barberin, à cause d'un accident de travail a perdu sa place et la famille n'a plus d'argent : Il décide donc de réclamer à l'administration la pension qui lui revient de droit pour avoir élevé Rémi. Mais en route il rencontre le "Signor Vitalis" qui propose de lui louer le garçon pour la somme de 20 francs par an.

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Commence alors pour Rémi une longue errance en compagnie du Signor Vitalis. La "troupe" du Signor est composée de Joli Coeur, un adorable petit singe, le signor Capi, un intelligent caniche blanc, le signor Zerbino, un barbet noir et Dolce une douce petite chienne grise.

Ils vont mener à travers la France la vie difficile d'une troupe d'artistes. Mais Vitalis apprendra la lecture à Rémi , à écrire, la musique et à se débrouiller dans une  vie âpre pour ceux qui n'ont rien.

Rémi vivra d'abord avec Vitalis, puis sans lui, des moments extrèmement difficiles mais aussi des moments d'intense bonheur auprès de personnes qu'il va rencontrer et dont il se fera des amis grâce à ses qualités de coeur.

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Des larmes et de l'émotion tout au long du livre, mais aussi le goût de l'apprentissage et des valeurs telles que l'amitié, l'amour, l'honnêteté, l'effort...

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Ce livre  paru en 1880  fut couronné par l'Académie française !

J'attaque bientôt la suite : En famille !

Je vous recommande le site des amis d' Hector Malot que je viens de découvrir

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24 juillet 2008

"Alors, buvons une tasse de thé."

Comme Kakuzo Okakura, l'auteur du Livre du Thé, qui se désolait de la révolte des tribus mongoles au XIIIe siècle non parce qu'elle avait entraîné mort et désolation mais parce qu'elle avait détruit, parmi les fruits de la culture Song, le plus précieux d'entre eux, l'art du thé, je sais qu'il n'est pas un breuvage mineur. Lorsqu'il devient rituel, il constitue le cœur de l'aptitude à voir de la grandeur dans les petites choses. Où se trouve la beauté ? Dans les grandes choses qui, comme les autres, sont condamnées à mourir, ou bien dans les petites qui, sans prétendre à rien, savent incruster dans l'instant une gemme d'infini ?

Le rituel du thé, cette reconduction précise des mêmes gestes et de la même dégustation, cette accession à des sensations simples, authentiques et raffinées, cette licence donnée à chacun, à peu de frais, de devenir un aristocrate du goût parce que le thé est la boisson des riches comme elle est celle des pauvres, le rituel du thé, donc, a cette vertu extraordinaire d'introduire dans l'absurdité de nos vies une brèche d'harmonie sereine. Oui, l'univers conspire à la vacuité, les âmes perdues pleurent la beauté, l'insignifiance nous encercle. Alors, buvons une tasse de thé. Le silence se fait, on entend le vent qui souffle au-dehors, les feuilles d'automne bruissent et s'envolent, le chat dort dans une chaude lumière. Et dans chaque gorgée, se sublime le temps.

Dans "L'élégance du hérisson" de Muriel Barbery.

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